1. Le rapport au pouvoir : un levier d'action ou de maîtrise. Dans l'approche Maieutik Spectrum, le rapport au pouvoir ne se réduit pas à l'exercice d'une autorité formelle ou à la recherche de contrôle. Il représente la manière dont un individu se saisit de sa capacité d'action, d'influence, de décision et de transformation du réel.
Le pouvoir peut agir comme un moteur d'engagement, de transformation et de prise de responsabilité. Mais selon les circuits cérébraux dominants, il peut aussi devenir un lieu de sur contrôle, de tension, d'affirmation défensive ou de difficulté à partager l'initiative.
Chaque enchaînement d'intelligences reflète une manière spécifique d'habiter le pouvoir :
- Certains investissent le pouvoir comme une capacité naturelle à agir, décider, trancher et orienter les situations.
- D'autres l'abordent avec prudence, en recherchant d'abord de la légitimité, des repères ou un cadre qui autorise l'action.
- D'autres encore peuvent s'y engager intensément, avec le risque de rigidifier leur position, de sur maîtriser ou de confondre influence et contrôle.
Comprendre cette dynamique, c'est décoder comment une personne prend l'initiative, agit sur le cours des choses, supporte la perte de contrôle ou partage le pouvoir avec d'autres.
Et c'est une clé précieuse pour accompagner les postures managériales, prévenir les tensions d'autorité, ou ajuster les responsabilités selon les profils.
2. Lecture du tableau : Que nous disent les données ?
Les pourcentages entre parenthèses représentent la fréquence de chaque enchaînement cérébral en 2024.
Les résultats sont répartis en 7 tranches, la tranche 27-37% étant considérée comme la moyenne centrale (car le maximum mesurable est 67%).
Profils à très forte activation du pouvoir (>= 57%) : Intensité d'action, affirmation d'influence immédiate.Dans cette tranche de résultats, les circuits dominants, que deux enchaînements et ils ne sont pas nombreux :
Intelligence logique +
Intelligence intuitive (2,08%) et
Intelligence logique +
Intelligence rationnelle (0,74%).
Leur posture est marquée par l'affirmation, le besoin d'agir sur les situations, et parfois une difficulté à ralentir ou à partager le contrôle.
- Ils prennent facilement la main, cherchent à faire avancer les choses et supportent peu l'impuissance ou l'indécision.
- Leur capacité à impulser, orienter et tenir une ligne d'action est précieuse dans des contextes de pilotage, de décision ou de transformation, à condition de soutenir leur qualité d'écoute et de partage.
Profils à forte activation du pouvoir (47-57%) : Capacité d'action forte et structurante.Dans cette tranche de résultats, la répartition se concentre entre 2,08% et 0,36%.
Ces individus ont une appétence nette pour l'action et l'influence, tout en gardant une certaine capacité d'ajustement.
Ils s'engagent dans la décision, prennent des responsabilités et cherchent à peser sur les situations sans être forcément dans la domination. Ils font preuve d'un bon équilibre entre affirmation personnelle et efficacité collective.
- Leur aisance à décider et à orienter favorise la clarté, l'avancée des projets et la tenue des objectifs.
- À privilégier dans les rôles de pilotage, de coordination, de management opérationnel ou de conduite du changement.
Profils à bonne activation du pouvoir (37-47%) : Pouvoir présent, construit et modulable.Dans cette tranche de résultats, on retrouve dans le peloton de tête
Intelligence logique +
Intelligence intuitive (10,42%),
Intelligence logique +
Intelligence rationnelle (8,92%), les 3 autres enchaînements se cantonnant entre 4,93% et 2,50%.
Ces profils investissent le pouvoir de manière progressive, en fonction de la légitimité perçue, du contexte et de la confiance dans leur marge d'action.
Ils peuvent osciller entre volonté d'agir, besoin d'être reconnus dans leur capacité d'influence et prudence face à la responsabilité ou au conflit.
- Leur fonctionnement face au pouvoir est vivant, adaptable, mais peut parfois manquer de stabilité selon les rapports de force ou les environnements.
- À accompagner dans les contextes de prise de responsabilité, de coordination transversale ou de décisions impliquant des arbitrages visibles.
Profils à activation modérée du pouvoir (27-37%) : Mesure dans l'influence et adaptation stable.Dans cette tranche de résultats, les circuits dominants :
- Intelligence logique + Intelligence intuitive (25,00%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence logique (16,52%).
- Intelligence logique + Intelligence rationnelle (15,24%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence réactionnelle (6,42%).
- Intelligence réactionnelle + Intelligence rationnelle (3,33%).
Ces individus allient capacité d'action, retenue dans l'affirmation de pouvoir et possibilité de prise de recul.
Leur rapport au pouvoir se manifeste sans besoin de domination ni retrait excessif. Ils peuvent influencer, contribuer et arbitrer avec une certaine mesure.
- Ils peuvent être très utiles dans les environnements complexes, les organisations partagées ou les collectifs qui demandent un exercice sobre de l'autorité.
- À mobiliser dans des rôles de régulation, de coordination, de management intermédiaire ou d'animation transversal.
Profils à activation faible du pouvoir (17-27%) : L'influence n'est pas le premier moteur d'engagement.Dans cette tranche de résultats, les circuits dominants :
- Intelligence logique + Intelligence rationnelle (27,51%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence logique (25,80%).
- Intelligence logique + Intelligence intuitive (25,69%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence réactionnelle (23,71%).
- Intelligence réactionnelle + Intelligence rationnelle (10,83%).
Pour ces profils, le pouvoir n'est pas un mobile d'action très fort ; ils peuvent privilégier le lien, le cadre, la logique ou la sécurité plutôt que la prise en main des situations.
Leur implication dans les rapports d'influence peut dépendre du contexte, de la légitimité accordée ou d'une nécessité concrète d'agir.
- Ils peuvent être portés à éviter l'affrontement, la décision visible ou l'exercice direct de l'autorité, avec le risque de se laisser déborder par les jeux de pouvoir.
- À soutenir dans le développement de l'assertivité, de la prise de décision et de l'appropriation de leur marge d'action. Bénéfiques dans des fonctions de contribution, mais à accompagner dans les postes très exposés à l'arbitrage.
Profils à très faible activation du pouvoir (7-17%) : Faible investissement spontanéité de l'influence.Cette tranche de résultats regroupe peu de gens et les circuits oscillent entre 36,01% pour le plus élevé et 25,69% pour le plus bas.
- Intelligence rationnelle + Intelligence réactionnelle (36,01%).
- Intelligence logique + Intelligence rationnelle (32,71%).
- Intelligence réactionnelle + Intelligence rationnelle (32,50%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence logique (31,30%).
- Intelligence logique + Intelligence intuitive (25,69%).
Leurs décisions sont peu guidées par le besoin d'influencer ou de contrôler, et davantage par d'autres référentiels internes, relationnels ou de conformité.
Ils agissent en s'appuyant davantage sur la relation ou sur l'identité ou une combinaison Relation - Identité ou Identité - Relation.
- Il est préférable de ne pas les exposer trop vite à des responsabilités d'arbitrage ou de confrontation, mais de les faire contribuer là où leur action peut s'inscrire dans un cadre soutenant.
Profils à activation quasi nulle du pouvoir (< 7%) : Les mobiles de l'action et de la motivation sont ailleurs.Ce palier correspond à une rupture nette avec le pouvoir comme référence décisionnelle.
- Intelligence réactionnelle + Intelligence rationnelle (50,83%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence réactionnelle (30,84%).
- Intelligence rationnelle + Intelligence logique (20,29%).
- Intelligence logique + Intelligence rationnelle (13,75%).
- Intelligence logique + Intelligence intuitive (9,03%).
Le pouvoir est ici peu investi : ces profils n'entrent pas spontanément dans l'affirmation d'influence comme mode principal d'engagement.
Leur moteur d'engagement ne repose pas sur la prise en main, l'arbitrage ou la maîtrise des situations, mais se déplace vers la relation (le lien, l'appartenance) ou l'identité (la cohérence interne, le positionnement personnel).
- À accompagner dans des rôles où leur contribution peut s'inscrire dans un cadre clair, avec des responsabilités explicites, sans exiger d'eux un sur investissement dans les rapports de force ou la maîtrise des autres.
3. Conclusions RH
Profils à très forte activation de pouvoir (>= 57%) : Une dynamique d'influence structurante et permanente.Ces profils agissent en fonction de leur capacité à influencer, décider ou orienter.
Leur engagement repose sur la maîtrise des situations, des décisions et des résultats.
- Leur mode d'action est guidé par le besoin d'impact, de contrôle et de capacité décisionnelle.
- Ils peuvent chercher à orienter les situations ou les personnes pour atteindre leurs objectifs.
- À mobiliser dans des rôles nécessitant leadership décisionnel, pilotage, influence et responsabilité stratégique.
Profils à activation forte de pouvoir (47-57%) : Une capacité d'influence affirmée avec maîtrise.Ces individus cherchent à avoir un impact sans nécessairement contrôler en permanence.
Leur action vise à orienter, structurer ou influencer de manière mesurée.
- Ils allient influence et discernement dans leurs prises de décision.
- Ils savent exercer leur pouvoir sans excès de contrôle.
- Pertinents dans des rôles de coordination, de pilotage ou de responsabilité partagée.
Profils à activation modérée de pouvoir (37-47%) : Une influence présente, mais non dominante.Ces profils peuvent influencer sans chercher à contrôler.
Leur engagement dépend du contexte et des responsabilités confiées.
- Ils peuvent prendre des décisions sans rechercher systématiquement l'ascendant.
- Leur impact varie selon les situations et les enjeux.
- À positionner dans des fonctions nécessitant contribution, prise de décision ponctuelle et collaboration.
Profils à activation modérée de pouvoir (27-37%) : Une influence en arrière-plan.Ces profils n'orientent pas naturellement les décisions ou les situations.
Leur posture est davantage contributive que décisionnelle.
- Ils participent sans chercher à diriger ou influencer.
- Ils privilégient l'exécution ou la collaboration à la prise de pouvoir.
- Utiles dans des fonctions nécessitant fiabilité, contribution et soutien.
Profils à activation faible de pouvoir (17-27%) : Une faible recherche de contrôle.Leur action est peu orientée vers la prise de contrôle.
Ils privilégient l'exécution ou la contribution sans enjeu de pouvoir.
- Ils évitent les positions d'autorité ou de confrontation.
- Le contrôle n'est pas un levier mobilisateur pour eux.
- À positionner dans des rôles de support, de contribution technique en tenant compte de leur dominance identitaire ou relationnelle.
Profils à faible activation du pouvoir (7-17%) : Une absence de recherche de contrôle.Ces profils intègrent très peu la notion de pouvoir dans leur fonctionnement.
Ils fonctionnent sans chercher à orienter, contrôler ou dominer.
- Leur action est indépendante de toute volonté d'ascendant.
- Ils privilégient la neutralité, l'exécution ou le retrait.
- À mobiliser dans des fonctions nécessitant discrétion, neutralité ou expertise technique.
Profils à très faible activation du pouvoir (<7) : Une absence de recherche de contrôle.Ces profils n'intègre pas ou très peu la notion de pouvoir dans leur fonctionnement.
Ils fonctionnent sans chercher à orienter, contrôler ou dominer.
- Leur action est indépendante de toute volonté d'ascendant.
- Ils privilégient la neutralité, l'exécution ou le retrait.
- À mobiliser dans des fonctions nécessitant discrétion, neutralité ou expertise technique.
4. Utilisations stratégiques pour les RH.
- Recrutement et sélection :
- Identifier l'intensité du levier pouvoir permet de cibler les profils orientés vers la prise de décision, l'influence et la responsabilité.
- Veiller à ce que le niveau d'autorité et de responsabilité du poste corresponde à la capacité et au besoin d'influence du candidat : pilotage, leadership ou contribution.
- Mobilité interne et évolution :
- Les profils à forte activation du pouvoir peuvent être mobilisés sur des fonctions de direction, de pilotage ou de gestion de projets stratégiques.
- Pour les profils moins orientés pouvoir, on favorisera des environnements où la contribution, l'expertise ou l'exécution sont valorisées sans pression d'influence.
- Développement des talents :
- Renforcer le levier pouvoir, c'est développer la capacité à décider, à influencer et à assumer des responsabilités.
- Valoriser les profils fortement orientés pouvoir comme moteurs d'action, décideurs et porteurs de responsabilités organisationnelles.